Voilà c'était une petite dédicace pour Marie :)

ça c'est moi sur le pont à sourire comme une naze "gnééé des fleuuuurs!!!" ben ouais ça faisait longtemps...
J'avoue que je sature un peu de mon périple là. Je suis arrivée à l'aéroport d'Edmonton à 10h du matin et me voilà à Francfort 24 heures après. Mais sans sommeil.
J'ai le corps qui me fait les 400 coups là.
Et puis bien sûr j'ai téléphoné à Martine qui m'a assuré que oui-oui je dois bien y aller demain. ça va être la fête. Et là on m'a proposé 200€ si j'acceptais de partir dans l'avion suivant, et pour ma conscience professionnelle j'ai refusé; je ne veux pas être naze demain quand je serai en classe. Si c'est pas pro ça?!
Mon amertume d'être en train de ne pas dormir dans l'avion alors que Marie était au match de hockey s'est atténuée quand par hasard j'ai voulu regarder la nuit dehors et que je suis tombée sur les lumières du nord. Des étoiles dans la nuit et comme de grandes traces de lumière, blanches pâles, comme l'on voit sur les cartes postales. Mais là c'était en vrai et rien que pour moi. La lune rouge et la poudre de lumière qui venait brosser le ciel noir. Je n'arrivais pas à dire si la lumière tombait ou si au contraire elle semblait s'élever. Je ne sais même pas à quoi ce phénomène d'aurores boréales est du. Mais en tout cas nous étions remontés très haut au nord, alors je sais que je n'ai pas rêvé.
Je me rendais compte tout à l'heure que j'avais vraiment fait des progrès en Anglais, sans m'en rendre compte. Et je me suis rendue compte aussi combien ça me manque de ne pas savoir parler Allemand. Je n'aime pas aller dans un pays et ne pas savoir comment demander les choses autrement qu'en Anglais. Et puis au niveau des sonorités ça ressemble énormément au Français Québécois, à chaque fois je me disais « tiens des francophones »; et non; des allemands. C'est marrant, j'ai l'oreille qui a changé.
J'attends avec impatience mon vol pour Toulouse, je sais qu'il ne durera pas trop longtemps et que je pourrai dormir dans mon lit, dans ma chambre en arrivant. Mais l'important pour moi là, c'est de pouvoir mettre mon corps dans un endroit horizontal, et moelleux.
Je préfère prendre pour acquis qu'ils auront perdu mes valises en route; comme à chaque fois que je prends l'avion et peu importe le nombre de correspondances. J'ai essayé de garder le minimum vital avec moi.
Là maintenant que je suis loin, je me demande si je veux revenir au Canada. Bon les 9h passées dans l'avion à rêver de pouvoir me dévisser les jambes pour les mettre dans un endroit qui ne m'encombre pas sont sans doute en train d'altérer mon jugement.
Le terminal se remplit, les avions arrivent au loin. Je me demande toujours en les voyant de près avec leurs petites ailes et leur carcasse d'acier: « est ce que ça va vraiment voler??? ».
Et voilà, ce sont mes dernières heures à Edmonton mais déjà je suis dans le no man's land de l'aéroport.
J'ai l'impression de partir trop tôt; je venais juste de rencontrer des gens biens à Edmonton.
Hier soir j'ai fait ma soirée de départ, Greg et Patricia sont venus au Black Dog et nous avons retrouvé Wil et Rob, les gars qui avaient joué aux fléchettes avec nous l'autre soir.
J'avais décidé de ne pas boire mais ils m'ont payé des shots, et de la bière; je n'étais pas vraiment ivre. Il faut dire que je peux être bourrée avec de l'eau mais inversement si l'esprit n'y est pas je peux rester sobre avec 4 bières.
Donc nous avons joué un peu aux fléchettes, j'étais touchée de voir que Greg et Patricia soient venus. Et puis dans la classe quand je suis partie les enfants étaient assis sur le tapis et ils ont demandé « est ce qu'on peut lui faire une caresse? » Et là ils se sont tous levés et ils m'ont serrée dans leurs petits bras. J'étais vraiment émue!
Donc hier soir nous avons fini la soirée chez Rob, à jouer aux cartes. C'était marrant, ce type est encore plus bordélique que moi; j'étais impressionnée!
Mon retour en France ne m'enchante pas.
Il y a des choses qui me plaisent en France et que je ne trouve pas ici; mais il y a des choses ici qui vont me manquer pour toujours maintenant.
Le hockey, déjà. Aller à un match de hockey a été une des expériences les plus exaltantes de ma vie. Ensuite les montagnes; les forêts, la terre. Celle dont les natifs ont pris soin, celle qui est fragile. Les ciels aussi, de cette terre, ces ciels extraordinaires, ces lumières pures sur les plaines. La neige, aussi un peu; je n'aurais pas cru mais au tout début lorsque tout était cotonneux je me sentais dans un écrin. Les gens que j'ai rencontrés, les gens avec qui j'ai été amie, ceux qui m'ont permis de devenir un peu meilleure. Tout ça va me manquer.
Et puis ce qui fait que c'était chez moi; le matin je me levais, j'allais à la salle de bain, je me préparais; je buvais un café et mangeais des muffins. Je mettais toujours bien 5 minutes à sortir quand je pensais être prête, quand il fait froid comme ça on a toujours quelque chose à arranger avant de mettre le nez dehors. Et évidemment certaines choses ont un ordre; je ne peux pas chercher les clefs dans mon sac une fois que j'ai mis mes gants par exemple.
Donc je sortais, au début c'était facile, neige partout, à part certains spots bien isolés où je pouvais facilement repérer la glace sur laquelle ne pas marcher. Et puis petit à petit la neige à fondu, ou s'est tassée, laissant place à de grandes patinoires sur les trottoirs; et je ne suis pas toujours passée dessus avec grâce et légèreté...
J'arrivais à l'arrêt de bus. Non, souvent j'arrivais de l'autre côté du croisement, là où le bonhomme vert met trois plombes à s'allumer. Plusieurs fois j'ai vu passer le bus sous mon nez sans pouvoir traverser la route. Mais je me suis améliorée et avec le bon horaire j'ai pu tous les matins arriver à l'heure!
Au début j'étais à la faculté St Jean c'était facile, je marchais tout droit et j'arrivais. Souvent en retard d'ailleurs. Je m'y sentais bien, je pouvais rester des heures avec les portugais à jouer au billard. D'ailleurs j'y pense maintenant, ils ne sont pas venus hier soir. Tant pis pour eux.
J'ai du mal à faire le récapitulatif de toutes les choses que j'ai vécu ici. Les cours à la faculté déjà me semblent loin, comme un autre temps. Le début de mon stage aussi. Et je ne parle pas du temps que j'ai vécu chez Shirley. Bien sûr c'est à la fin que tout est devenu vraiment intéressant sur le plan humain; mais je ne regrette pas mes premières semaines ici. J'ai appris à me débrouiller; comme a dit Lucille. C'est mon point fort, ça me rend plus solide et plus souple en même temps. Je suis arrivée, j'ai du trouver les choses toute seule; faire ma place. Trouver une maison, trouver des habitudes, savoir où acheter un ticket de bus, rencontrer des gens, me renseigner sur les matches de hockey... Je me le suis bien gagné tout ça, c'est pas tombé tout cuit! Je suis contente d'en avoir bien profité.
Je croise les doigts pour revenir dans ce pays magique, apprendre plus de cette culture, et entretenir ce petit morceau canadien que j'ai dans le coeur.