Mardi 27 mars 2007 2 27 /03 /Mars /2007 18:47




Voilà c'était une petite dédicace pour Marie :)
Par Emmie - Publié dans : tabarnaque
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Dimanche 25 mars 2007 7 25 /03 /Mars /2007 20:41
Au Canada je regardais tout le temps le ciel, je devais avoir l'air un peu niaise avec le nez en l'air... Parce que je le trouvais beau, je me disais "en France il n'est pas comme ici".
Et puis je suis rentrée, il faisait gris, il faisait froid; mais j'ai levé le nez et j'ai regardé le ciel, celui de chez nous.
Je lui ai trouvé quelque chose de vraiment beau.
Et puis en roulant pour aller chez ma grand mère je suis passée sur les collines, dans les petits bois, sur nos routes toutes étroites; les feuilles et les fleurs scintillaient parce qu'il avait plu. Aujourd'hui en allant chez Totor c'est l'herbe verte qui m'a rendue contente!
Comme quoi, j'aurais pas cru revoir mon pays de si bon coeur!
Bon demain à l'IUFM ce sera peut être différent...

ça c'est moi sur le pont à sourire comme une naze "gnééé des fleuuuurs!!!" ben ouais ça faisait longtemps...

Et puis ça dessous c'est Totor, sous l'ignoble sculpture qu'ils ont eu le culot de faire avec un arbre classé monument historique... J'aime bien faire la con avec toi Totor, et non, tou n'as pas changé!





























Ah si un truc absolument dramatique... On m'a encor' dzit qu'j'avais gardé l'accint canadzién...
Tabarnaque!

Par Emmie - Publié dans : tabarnaque
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Samedi 24 mars 2007 6 24 /03 /Mars /2007 17:57
Bon alors pour moi le défi c'était de me lever vendredi matin pour aller à l'école remplacer ma directrice... Et c'était de faire un bon départ avec les enfants.
Du coup je me suis couchée tôt, je me suis levée en avance, et j'ai conduit jusqu'à Villemur.
Je n'avais rien préparé, pas un plan de leçon, rien; de toute façon quand j'ai demandé ce qu'avaient fait les remplaçants personne ne savait, et ils n'ont rien laissé non plus. Donc bon; j'ai décidé d'aviser.

Dans la voiture je me suis rendue compte que j'avais changé. C'était un de ces changements qui ont eu lieu sans que je m'en rende compte formellement. J'étais contente, enthousiaste, il me tardait de voir les enfants et de faire classe. Et j'étais confiante et sereine. Chose impensable il y a 3 mois; j'avais toujours la boule au ventre quand j'y allais le matin, la peur de ne pas être à la hauteur.



J'ai accueilli les enfants dans la classe avec un mot du matin au tableau; ils m'ont demandé "C'est toi qui l'as écrit maîtresse?"; j'ai plaisanté "j'en sais rien, tu crois que ce sont des lutins qui sont venus?".
On a passé une super journée, je me suis régalée à faire classe! Et eux aussi.

J'ai mis en place le renforcement positif; j'ai promis une récompense pour ceux qui travailleraient fort. J'ai expliqué que j'en avais marre de punir ce qui n'étaient pas sages parce que ça m'empéchait de montrer aux autres que j'étais contente. Alors tout le monde a fait de gros efforts. Quand la directrice est rentrée, j'ai dit exprès devant la classe "Je suis vraiment épatée, ils sont adorables aujourd'hui, c'est un plaisir d'être avec eux". Et puis une fille a dit "A la fin on aura une récompense". Alors la directrice a dit "Ah voilà, ça m'étonne pas, ils savent pas travailler autrement qu'avec une carotte, c'est leur problème".

Quelle rabat-joie; pas capable de complimenter les élèves, j'ai trouvé ça vraiment dur à entendre. Alors quand elle est partie, je leur ai dit que j'étais très fière d'eux quand même.

J'ai passé une journée géniale, ils ont appris beaucoup de choses, et je me suis vraiment sentie parfaitement bien dans la classe.

Tout ça je le dois à ce que j'ai appris au Canada, j'ai retrouvé une fraicheur que j'avais perdue dès les premiers jours en France. J'ai appris un savoir faire, j'ai appris à prendre des risques pour apprendre, j'ai appris qu'on peut admettre ses erreurs aux élèves et qu'ils nous pardonnent.

L'heure des mercis:
Donc pour cette merveilleuse journée; merci Françoise pour tes conseils de gestion de classe et ton enthousiasme à faire classe, c'était très inspirant. Merci Rochelle pour tous tes conseils et pour ta conviction que tous les enfants sont précieux et capables de grandes choses. Merci Lucille pour tout un tas de choses, la liste serait trop longue, mais la plus importante c'est que tu m'as donné confiance et que tu as cru en moi à un moment où j'étais mangée par le doute; et ça m'a vraiment fait du bien! Merci à Van, prof exemplaire, que j'ai eu du mal à comprendre au début mais maintenant je sais combien je lui dois; ses techniques parfaites de gestion de classe, son exigence et sa bienveillance pour tous les enfants. Ca m'a tellement apporté!
Merci à mes petits élèves de 1ère année, qui ont eu la patience d'attendre que je m'améliore, et qui se sont montrés tellement adorables le jour de mon départ. Et puis merci à ma classe du vendredi ici, pour les petits mots qu'ils sont venus poser sur mon bureau "on t'adore" "merci d'être revenue" "on est contents que tu sois là" . Et merci parce qu'à la fin de la journée ils m'ont dit "Oh comme on a passé une bonne journée!!! Merci d'être revenue en France!"

J'avais les larmes aux yeux.

J'adore ce métier!!!



Par Emmie - Publié dans : tabarnaque
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Samedi 24 mars 2007 6 24 /03 /Mars /2007 17:46

J'avoue que je sature un peu de mon périple là. Je suis arrivée à l'aéroport d'Edmonton à 10h du matin et me voilà à Francfort 24 heures après. Mais sans sommeil.

J'ai le corps qui me fait les 400 coups là.

Et puis bien sûr j'ai téléphoné à Martine qui m'a assuré que oui-oui je dois bien y aller demain. ça va être la fête. Et là on m'a proposé 200€ si j'acceptais de partir dans l'avion suivant, et pour ma conscience professionnelle j'ai refusé; je ne veux pas être naze demain quand je serai en classe. Si c'est pas pro ça?!

Mon amertume d'être en train de ne pas dormir dans l'avion alors que Marie était au match de hockey s'est atténuée quand par hasard j'ai voulu regarder la nuit dehors et que je suis tombée sur les lumières du nord. Des étoiles dans la nuit et comme de grandes traces de lumière, blanches pâles, comme l'on voit sur les cartes postales. Mais là c'était en vrai et rien que pour moi. La lune rouge et la poudre de lumière qui venait brosser le ciel noir. Je n'arrivais pas à dire si la lumière tombait ou si au contraire elle semblait s'élever. Je ne sais même pas à quoi ce phénomène d'aurores boréales est du. Mais en tout cas nous étions remontés très haut au nord, alors je sais que je n'ai pas rêvé.


 


Je me rendais compte tout à l'heure que j'avais vraiment fait des progrès en Anglais, sans m'en rendre compte. Et je me suis rendue compte aussi combien ça me manque de ne pas savoir parler Allemand. Je n'aime pas aller dans un pays et ne pas savoir comment demander les choses autrement qu'en Anglais. Et puis au niveau des sonorités ça ressemble énormément au Français Québécois, à chaque fois je me disais « tiens des francophones »; et non; des allemands. C'est marrant, j'ai l'oreille qui a changé.


J'attends avec impatience mon vol pour Toulouse, je sais qu'il ne durera pas trop longtemps et que je pourrai dormir dans mon lit, dans ma chambre en arrivant. Mais l'important pour moi là, c'est de pouvoir mettre mon corps dans un endroit horizontal, et moelleux.

Je préfère prendre pour acquis qu'ils auront perdu mes valises en route; comme à chaque fois que je prends l'avion et peu importe le nombre de correspondances. J'ai essayé de garder le minimum vital avec moi.


Là maintenant que je suis loin, je me demande si je veux revenir au Canada. Bon les 9h passées dans l'avion à rêver de pouvoir me dévisser les jambes pour les mettre dans un endroit qui ne m'encombre pas sont sans doute en train d'altérer mon jugement.


Le terminal se remplit, les avions arrivent au loin. Je me demande toujours en les voyant de près avec leurs petites ailes et leur carcasse d'acier: « est ce que ça va vraiment voler??? ».



Par Emmie - Publié dans : tabarnaque
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Samedi 24 mars 2007 6 24 /03 /Mars /2007 17:40

Et voilà, ce sont mes dernières heures à Edmonton mais déjà je suis dans le no man's land de l'aéroport.

J'ai l'impression de partir trop tôt; je venais juste de rencontrer des gens biens à Edmonton.

Hier soir j'ai fait ma soirée de départ, Greg et Patricia sont venus au Black Dog et nous avons retrouvé Wil et Rob, les gars qui avaient joué aux fléchettes avec nous l'autre soir.

J'avais décidé de ne pas boire mais ils m'ont payé des shots, et de la bière; je n'étais pas vraiment ivre. Il faut dire que je peux être bourrée avec de l'eau mais inversement si l'esprit n'y est pas je peux rester sobre avec 4 bières.

Donc nous avons joué un peu aux fléchettes, j'étais touchée de voir que Greg et Patricia soient venus. Et puis dans la classe quand je suis partie les enfants étaient assis sur le tapis et ils ont demandé « est ce qu'on peut lui faire une caresse? » Et là ils se sont tous levés et ils m'ont serrée dans leurs petits bras. J'étais vraiment émue!

Donc hier soir nous avons fini la soirée chez Rob, à jouer aux cartes. C'était marrant, ce type est encore plus bordélique que moi; j'étais impressionnée!

Mon retour en France ne m'enchante pas.


Il y a des choses qui me plaisent en France et que je ne trouve pas ici; mais il y a des choses ici qui vont me manquer pour toujours maintenant.


Le hockey, déjà. Aller à un match de hockey a été une des expériences les plus exaltantes de ma vie. Ensuite les montagnes; les forêts, la terre. Celle dont les natifs ont pris soin, celle qui est fragile. Les ciels aussi, de cette terre, ces ciels extraordinaires, ces lumières pures sur les plaines. La neige, aussi un peu; je n'aurais pas cru mais au tout début lorsque tout était cotonneux je me sentais dans un écrin. Les gens que j'ai rencontrés, les gens avec qui j'ai été amie, ceux qui m'ont permis de devenir un peu meilleure. Tout ça va me manquer.

Et puis ce qui fait que c'était chez moi; le matin je me levais, j'allais à la salle de bain, je me préparais; je buvais un café et mangeais des muffins. Je mettais toujours bien 5 minutes à sortir quand je pensais être prête, quand il fait froid comme ça on a toujours quelque chose à arranger avant de mettre le nez dehors. Et évidemment certaines choses ont un ordre; je ne peux pas chercher les clefs dans mon sac une fois que j'ai mis mes gants par exemple.

Donc je sortais, au début c'était facile, neige partout, à part certains spots bien isolés où je pouvais facilement repérer la glace sur laquelle ne pas marcher. Et puis petit à petit la neige à fondu, ou s'est tassée, laissant place à de grandes patinoires sur les trottoirs; et je ne suis pas toujours passée dessus avec grâce et légèreté...

J'arrivais à l'arrêt de bus. Non, souvent j'arrivais de l'autre côté du croisement, là où le bonhomme vert met trois plombes à s'allumer. Plusieurs fois j'ai vu passer le bus sous mon nez sans pouvoir traverser la route. Mais je me suis améliorée et avec le bon horaire j'ai pu tous les matins arriver à l'heure!

Au début j'étais à la faculté St Jean c'était facile, je marchais tout droit et j'arrivais. Souvent en retard d'ailleurs. Je m'y sentais bien, je pouvais rester des heures avec les portugais à jouer au billard. D'ailleurs j'y pense maintenant, ils ne sont pas venus hier soir. Tant pis pour eux.

J'ai du mal à faire le récapitulatif de toutes les choses que j'ai vécu ici. Les cours à la faculté déjà me semblent loin, comme un autre temps. Le début de mon stage aussi. Et je ne parle pas du temps que j'ai vécu chez Shirley. Bien sûr c'est à la fin que tout est devenu vraiment intéressant sur le plan humain; mais je ne regrette pas mes premières semaines ici. J'ai appris à me débrouiller; comme a dit Lucille. C'est mon point fort, ça me rend plus solide et plus souple en même temps. Je suis arrivée, j'ai du trouver les choses toute seule; faire ma place. Trouver une maison, trouver des habitudes, savoir où acheter un ticket de bus, rencontrer des gens, me renseigner sur les matches de hockey... Je me le suis bien gagné tout ça, c'est pas tombé tout cuit! Je suis contente d'en avoir bien profité.

 Je croise les doigts pour revenir dans ce pays magique, apprendre plus de cette culture, et entretenir ce petit morceau canadien que j'ai dans le coeur.



Par Emmie - Publié dans : tabarnaque
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